Les albums 2020 (pop rock)

Sammy Brue : Crash test kid
Paul Mac Cartney : Mac Cartney III
The lemon twigs : Songs for the general public
The Jayhawks : Xoxo
Dani (chanson française) : Horizons dorés

-Sammy Brue : «Crash test kid»

Pour moi, Sammy Brue est sûrement la surprise de l’année. De sa voix un peu éraillée mais si émouvante, le jeune chanteur guitariste américain, dix-huit ans, signe un deuxième album allant du pur rock (teenage mayem) , avec influences country (Die before you live, gravity) aux belles ballades (true believer, crash test kid). A écouter d’urgence.

-The Lemon twigs : «Songs for the general public»

Les deux frères D’Addario sont basés à Long Island. Ils ont fait un buzz mérité avec ce 3ème album qui, bien qu’un peu kitch, est plein d’inspiration, d’énergie des sixties et de drôlerie.

-The Jayhawks : «Xoxo»

Toujours des américains (eh oui) les Jayhawks sont d’une autre génération. Actifs depuis les années 80, cette bande de country rockers réussit encore à nous surprendre avec de belles chansons pop (homecoming) ou le plus rock «Doggy days». J’ai passé mon été avec ce disque : une valeur sûre.

-Paul Mac Cartney : «Mac Cartney III»

Sorti le 18 décembre, un peu le cadeau de Noël que les rockers ont pu trouver dans leurs Santiags. Sir Mac Cartney, 78 ans, a du interrompre ses tournées pour se confiner dans sa maison du Sussex. En est ressorti ce bel album. Si tout n’est pas indispensable, on s’attardera volontiers sur de belles ballades (pretty boys, when winter comes) qui font penser à «Yesterday» ou le très rock «Lavatory Lil» Les années passent et l’ex Beatles est toujours l’homme de la belle mélodie parfois poignante (women and wives). Et puis, passer de la guitare au piano, de la basse à la batterie pour faire (presque) tout tout seul, c’est quand même la classe.

-Dani : «Horizons dorés»

Dani chantait «la vie à 25ans» ou «pour que ça dure» dans les années 70… On appelait ça les variétés et mon oreille de collégien n’a jamais vraiment frémi pendant ses apparitions chez Guy Lux… Avec le temps, la voix de Dani devient de plus en plus grave et voici les «horizons dorés». D’abord l’album ne se prend pas au sérieux. Écoutez «je décline l’invitation» ou «les artichauts». L’orchestration est précise, sobre, en général une guitare électrique, une batterie et c’est tout. En bref, une voix rauque et présente, des textes drôles et émouvants et une guitare pour un album rock et rafraîchissant.

Des chansons surgies de nulle part

Lu dans « The Guardian » Londres

Des chansons surgies de nulle part

Imaginez un morceau qui donne à entendre un artiste sans que l’intéressé soit passé en studio. C’est ce que permettent des programmes fondés sur l’intelligence artificielle, ouvrant la voie à des questions juridiques et éthiques inédites.

C’est le temps de Noël, le temps des jacuzzi ! chante Franck Sinatra en anglais, dans un morceau disponible sur la plate-forme SoundCloud. En tout cas, on dirait bien que c’est lui. Avec son swing décontracté, sa bonhomie enjouée, ses cordes et ses cuivres discrets, ce titre ressemble fort à une démo qui aurait été égarée depuis longtemps. La voix, cette voix de velours tout en legato et regrets,comme elle a un jour été décrite par un journaliste du New Yorker, est elle aussi curieusement familière, même si elle passe d’une tonalité à l’autre et qu’on a parfois l’impression que l’enregistrement a été fait au fond d’une piscine.

Cette chanson n’a pourtant jamais été interprétée par Sinatra. C’est un faux plus vrai que nature généré par jukebox, un programme mis au point par l’entreprise de recherche en intelligence artificielle open AI, qui est capable de composer de la musique et des paroles à la façon de toutes sortes d’artistes. On lui doit des deepfakes (comme on appelle les contenus vidéos ou audio modifiés à l’aide de l’intelligence artificielle) d’artistes comme Katy Perry, Elvis Presley, Simon and Garfunkel, 2Pac, Céline Dion et beaucoup d’autres.

Cette intelligence artificielle (IA) a été entraînée avec 1,2 millions de chansons piochées sur Internet, avec leurs paroles et leurs métadonnées. Forte de cet apprentissage, elle peut vous fabriquer une piste audio de plusieurs minutes en s’appuyant sur les données avec lesquelles vous l’aurez alimentée.

Peu importe que vous lui donniez du Queen, du Dolly Parton (une star américaine de la country) ou du Mozart, il en sortira quelque chose de très ressemblant. « C’est une prouesse technologique vraiment impressionnante » déclare Matthew Yee King, chercheur à Goldsmiths, à Londres, et compositeur de musique électronique. « Le programme décompose le signal audio en plusieurs lexèmes (le mot désigne ici des unités sonores) sur trois couches différentes, formant une sorte de dictionnaire qui réunit suffisamment d’éléments de base pour reconstruire la musique dont on l’a nourri, puis il les réassemble en fonction des stimuli qu’il reçoit. Si on lui donne du Ella Fitzgerald, par exemple, il cherchera dans son dictionnaire les informations qui lui sont associées et les combinera pour composer une chanson à la façon d’Ella »

La prouesse technologique est peut-être admirable, mais certaines de ces créations ont quelque chose d’horrifiant. Surtout celles qu’on prête aux artistes morts depuis longtemps, tristes fantômes errant dans la machine en marmonnant une litanie de clichés. « Le cri des damnés », a commenté un internaute sous la chanson de Sinatra. « Carrément démoniaque », écrit un autre.

[…] Nul besoin d’être devin pour prévoir que ces trucages risquent de poser des problèmes esthétiques et de propriété intellectuelle. Car, au lieu de payer le prix en vigueur pour utiliser dans un film, une émission de télévision ou une publicité la musique d’un artiste connu, certains pourraient fabriquer leur propre imitation. Les plateformes de streaming pourraient quant à elles remplir leur liste de lecture de musique « à la façon de », composées par une IA qui ne réclamera pas de droits d’auteur, et maximiser ainsi leur profit. Les plates-formes de streaming, les stations de radio et autres acteurs vont-ils en fin de compte éviter de plus en plus de payer des artistes de chair et de sang ?

[…] Mais si nous perdons toute attachement émotionnel au travail des artistes et à la dimension humaine du processus de création, un aspect fondamental de la musique disparaîtra. « Ces systèmes sont entraînés avec les formes d’expression humaine, et ils sont capables de les augmenter, résume Dryhurst. Ce qu’il faut trouver maintenant, c’est un moyen de dédommager les humains, et non de les remplacer. »

Derek Robertson

Autour du Jazz manouche

Salut tout le monde !

Un petit mot pour vous donner de mes nouvelles :
Un bel événement se prépare à Charlieu :

« Autour du jazz manouche »
Novembre 2019 – Janvier 2020

Une initiative forcément intéressante de l’EMCBC
(École de Musique Charlieu Belmont Communauté )
Nous aurons droit à une Master-class de l’excellent Sébastien FELIX, dont je me ferai l’assistant pendant 2 journées.
Je donnerai également une petite conférence-discussion sur le jazz manouche,
il y aura des expos, du théâtre, bref un tas de choses passionnantes dont vous trouverez le détail ici :  EMCBC
A bientôt !